L’orientation à l’école ou comment on t’enferme dans une case

Dans quelle filière es-tu ou souhaites-tu t’orienter? L, ES S, STMG, STI2D, STMG, ST2S, Bac professionnel, CAP… ou je ne sais quoi d’autre? Figure-toi que tout cela risque d’être prochainement complètement chamboulé par le gouvernement! En cause? Le projet de suppression des séries L, ES, et S, au profit d’une plus forte individualisation des parcours.

Honnêtement, cette idée ne me choque pas du tout et est même encouragée par le youtubeur gaspard g,19 ans, qui s’explique sur sa page Facebook. Si tu es abonnée au célèbre réseau social, voici le lien: (fais ctrl+ clic droit, et clique sur le second lien qui apparaît)

https://www.facebook.com/GaspardVideo/

Pour ma part, les arguments énoncés par gaspard g sont sans appel.

Tout d’abord, il démontre que les profils doivent être privilégiés par rapport aux filières. A vrai dire, la lycéenne que j’étais n’était pas faite pour les filières: mes matières préférées au lycée étaient l’histoire et la SVT. Pourquoi? Parce que j’aimais bien comprendre comment on en était arrivé là, au monde dans lequel nous vivions, que ce soit du point de vue politique, sociétal ou environnemental, et les deux matières ont ce point commun de remonter le passé pour comprendre le présent.Comme on me demandait de choisir une filière littéraire ou scientifique et que mes centres d’intérêt se trouvaient dans les deux, j’ai donc fait un bac scientifique pour ensuite me diriger vers une faculté d’histoire. Assez étrange, me direz-vous…Comme le dit gaspard g, les lycées d’Amérique du Nord proposent de choisir des matières et non des filières et cela aurait été la meilleure solution pour moi à l’époque. Bien sûr, certaines personnes correspondent à un profil de filière très marqué, comme les matheux qui ont le plus grand mal à manier la langue de Molière ou les littéraires qui détestent les maths. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde, loin s’en faut.

Ensuite, gaspard g aborde, pour appuyer son argumentation, un sujet qui peut sembler tabou à l’école aujourd’hui: son archaÏsme, son aspect vieillot. Je trouve très amusant le fait de comparer l’évolution de l’automobile au cours du XXe siècle à celle de l’école au cours de la même période. Effectivement, les élèves sont toujours assis devant des tables alignées, face au professeur.Certes, aujourd’hui, les classes sont équipées de tableaux interactifs et les élèves reçoivent gratuitement des tablettes, mais peut-on parler d’évolution profonde? Les changements ne sont-ils pas dans les esprits plutôt que dans les objets?

De même, l’individualisation des parcours permettrait, à mon sens, de s’intéresser davantage à l’élève dans sa singularité. Ainsi, on privilégierait la qualité plutôt que la quantité. Ainsi, pourquoi ne pas abolir les niveaux et avoir la possibilité de redoubler dans une matière si besoin et de passer dans les classes supérieures pour les autres?Cela compliquerait certes la fabrication des emplois du temps, mais au moins les élèves ne seraient pas rebutés par une matière parce que ça va trop vite pour eux, ou, a contrario, ne s’ennuieraient plus dans une discipline. Mais ceci est un autre débat et l’Education nationale n’est probablement pas prêtre à franchir ce cap de l’abolition des niveaux.

Dans tous les cas, la suppression des filières est en bonne voie et semble nous promettre une meilleure prise en compte de l’individu.

Et toi, qu’en penses-tu? As-tu l’impression d’être obligée de rentrer dans une case pour choisir une orientation?