Comment aider un ami suicidaire?

Au collège, j’avais un camarade de classe qui s’appelait Cédric. Même si les autres se moquaient un peu de lui, il n’avait pas trop l’air d’en souffrir ; on aurait dit que ça lui passait au-dessus de la tête. Et puis, quand je suis entrée au lycée, j’ai appris par ma meilleure amie que Cédric s’était tiré une balle dans la tête avec un fusil. Je me souviens avoir été très choquée ; j’ai également pensé à sa maman, qui vivait seule avec lui, et qui devait être totalement dévastée. Je me suis aussi posée plein de questions : « Pourquoi avait-il commis ce geste ? Est-ce que c’était à cause de nous, à cause des moqueries que ses camarades lui avaient infligées ? »

Le pire, dans cette histoire, c’est que les Cédric sont nombreux. Trop nombreux. Chaque année, plus d’un millier de jeunes se suicident, et 80000 jeunes font une tentative de suicide. Pourtant, un certain nombre d’entre eux ne laissent pas paraître de déprime ou d’envie d’en finir, et on se demande après coup comment on aurait pu éviter cette tragédie.

Voici trois manières d’aider un ami ou un camarade de classe qui a des idées noires, même si il te donne l’impression d’être heureux :

1- Savoir détecter certains signes annonciateurs

Même si ton ami semble aller pour le mieux, certains signes annonciateurs d’un suicide existent. Par exemple, certaines phrases ne doivent pas être prises à la légère comme « je veux en finir »  ou «  je prépare un long voyage », ou encore « j’aimerais tester telle nourriture ou telle activité avant de mourir ».Je me souviens que dans certaines conversations que j’avais eues avec Cédric, il m’avait dit que mourir à cause d’une balle dans la tête permettait de se transformer en zombie. C’est horrible, je sais. Mais sur le moment, je pensais juste qu’il aimait regarder les films de zombie.

Certains comportements déviants peuvent aussi être inquiétants, comme les fugues, la prise de stupéfiants, ou bien les accidents à répétition.

Ces phrases et ces comportements doivent être d’autant plus pris au sérieux si ton ami a vécu des situations difficiles, ce qui nous amène au deuxième point.

2- Dire aux personnes qu’on aime qu’on les aime…

…parce qu’on ne le fait pas assez ! Si tu sais que ton ami vit une situation difficile, prends soin de lui en lui parlant. Par exemple, si il sort une phrase du type « je veux en finir », n’hésite pas à lui dire que tu t’inquiètes pour lui et que tu tiens trop à lui pour entendre ce genre de choses.

Certains jeunes vivent en effet des évènements qui peuvent leur faire penser qu’il n’y a plus rien de bon à espérer dans ce monde, car les épreuves qu’ils traversent leur paraissent trop insupportables. Cela peut être l’obsession de ressembler aux corps retouchés présentés dans les magazines ou les publicités, une rupture familiale, le harcèlement, un rapport sexuel qui s’est mal passé car l’autre partenaire a pris des photos et les a diffusées sur internet, une pression liée aux études, notamment lorsqu’on a l’impression que son orientation relève davantage du choix des parents que du sien, etc. Certaines maladies comme la schizophrénie peuvent aussi expliquer un suicide.

Quoi qu’il en soit, tu dois savoir que chacun est sur terre pour une raison précise. Il est donc faux de penser qu’on ne sert à rien, ou qu’on ne provoque que des problèmes. Les jeunes qui sont dans une forte détresse n’ont pas conscience de cela, il faut donc leur rappeler qu’ils sont importants et qu’il est trop bête d’enfouir leur talent au cimetière.

3- Connaître les numéros importants

Parfois, il est trop tard et ton ami n’entend rien à ce que tu lui dis. Le mieux dans ce cas-là est d’en informer  ses parents, par l’intermédiaire d’un autre adulte en qui tu as confiance, si besoin. Il sera alors envisageable  que ton ami se rende avec sa famille chez un professionnel (psychiatre, psychologue, psychothérapeute ou psychanaliste).  Il vaut mieux qu’il n’y aille pas tout seul, sinon il risque de se vexer en pensant qu’on le prend pour un fou. Surtout, le spécialiste va sûrement interroger ses parents sur leur propre adolescence ; du coup, ton ami se rendra compte qu’il n’est pas seul à vivre ça.

Tu peux aussi te renseigner sur l’aide que tu peux apporter grâce à Suicide Ecoute (www.suicide-ecoute.fr; numéro : 0145394000, disponible 24 heures/24 et 7 jours /7).

En situation d’urgence, il est nécessaire de contacter SOS médecin ou les services d’urgence via le 15 (= Samu) ou le 112 (numéro d’urgence européen).

Tu peux retrouver toutes les informations et les numéros à connaître sur le site : solidarites-sante.gouv.fr

 

Sache dans tous les cas que tu as le pouvoir de changer les choses dès que tu témoignes de l’amour et du respect pour les autres.

« On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime
Par peur de les gêner
Qu’on les aime
On leur dit jamais assez, que sans eux sans elles,
on serait même pas la moitié de nous-mêmes. » (Louis Chedid)

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